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Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire, Année «A»
Dimanche 13 août 2017
Père Honoré Kouassi, c.j.m., président de la célébration et homélie


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19ème dimanche A

 

1 Rois 19, 9-13

Psaume 84(85)

Romains 9, 1-5

Matthieu 14, 22-33

Les textes bibliques que nous venons d’écouter nous invitent à nous convertir sur l’idée que nous avons de Dieu et à nous rassurer de la manifestation de sa présence dans nos vies. C’est ce cheminement que fait le prophète Elie dans le Livre des Rois. Après avoir combattu l’idolâtrie avec beaucoup d’ardeur et constaté la tentative d’assassinat orchestré par la femme du Roi, d’origine cananéenne, il va s’enfuir et aller en pèlerinage sur la montagne de l’Horeb (le Sinaï) à la rencontre de Dieu après 40 jours de marche. Pendant cette rencontre, le prophète va s’apercevoir qu’il s’était trompé sur le visage de Dieu. Comme ses adversaires, il s’imaginait un Dieu de puissance, transcendant, vengeur et cruel contre les ennemis. Mais Dieu lui donne l’occasion de le rencontrer et de le reconnaître ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu mais dans le «murmure d’une brise légère. Ainsi le vrai Dieu, qui n’abandonne pas ses enfants fait comprendre à Élie qu’il se manifeste aussi et surtout dans le calme, dans le silence de sa proximité ; qu’il n’est pas le Dieu de la violence et à qui, on doit faire plaisir, honorer en massacrant d’autres hommes, soient-ils des infidèles, des païens. Dieu est amour et miséricorde. C’est en aimant que nous dirons quelque chose du vrai Dieu.

L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens, croyant défendre l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, cela a été le point de départ d’une véritable conversion. Paul a voulu partager cette extraordinaire découverte du Christ avec ses frères et sœurs de la communauté juive. Mais ces derniers refusent de reconnaître Jésus comme le Messie. Paul nous fait part de sa douleur face à leur incrédulité. La majorité des juifs. Ils n’acceptent pas que le privilège du peuple élu soit étendu aux païens qui ont mis leur foi en Dieu et dans la personne de son Fils, le Christ. Ils ne comprennent pas que si le Christ, le Fils de Dieu, a livré son Corps et versé son sang c’est pour eux et pour la multitude.

Avec l’Évangile, c’est Jésus lui-même qui vient nous rassurer de l’amour de Dieu et de sa bienveillance dans nos vies. Il nous appelle à conforter notre confiance en sa présence réconfortante dans toutes nos épreuves. Le texte de la marche sur les eaux et de la tempête apaisée, que nous avons entendu, fait suite au récit de la multiplication des pains pour de nourrir une foule affamée. Le soir venu, il se retire sur la montagne pour prier. Il veut échapper à tous ces gens qui sont lents à croire, et qui cherchent à faire de lui leur roi. C’est pourquoi il renvoie ses disciples sur l’autre pour leur éviter ce piège.  Plus tard, il précisera que sa royauté n’est pas de ce monde. Sa mission première est de révéler aux hommes les secrets du Père.

Mais pendant qu’il est sur la montagne en cœur à  cœur avec le Père, les disciples sont sur la barque. Ils sont aux prises avec la tempête et avancent péniblement vers « l’autre rive ». Cette barque de Pierre, agitée par la tempête, est devenue le symbole de l’Eglise aux prises avec les vagues de conflits internes et externes, ses défis à relever. Les vagues et les vents contraires évoquent le monde. Quand saint Matthieu écrit son Evangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés.

C’est encore plus vrai aujourd’hui. En Corée du Nord, en Syrie, en Afrique et ailleurs, les chrétiens les chrétiens persécutés sont bien plus nombreux qu’aux premiers siècles. On veut les obliger à renier leur foi et leur imposer une religion qui n’est pas celle du Christ.

Et puis, il y a bien d’autres tempêtes que nous affrontons un jour ou l’autre : celle de la conscience et du cœur, celle des événements difficiles et des horizons bouchés, celle de la précarité et de l’exclusion. Nous vivons dans un monde qui souffre de la guerre, de la violence, de l’exclusion et de l’indifférence. Les pauvres y deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. Si nous voulons rester fidèles à l’Evangile du Christ, il nous faut lutter régulièrement contre les vents contraires. Il faut nous ajuster à Dieu, à son projet de salut sur nous et quitter nos fausses sécurités.

Mais en ce jour, le Christ Jésus vient nous confirmer de sa présence réconfortante dans nos  vagues: l’Evangile nous montre le Christ qui marche sur les eaux. La mer déchainée est le symbole des puissances du mal. Et Jésus qui marche sur l’eau, nous montre que les forces du mal n’ont pas de prise sur lui. Avant même qu’on l’appelle, il s’avance vers les siens. Nous voyons son empressement à sauver ceux qu’il aime. Il est l’« Emmanuel », Dieu avec nous. Il nous assure de sa présence « tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Au cours de cette traversée, les disciples ne reconnaissent pas Jésus. Pour le reconnaître dans la manifestation de sa gloire divine, il faut le regard de la foi. Le plus important c’est que le Christ vient à nous, il se fait proche. Il reste présent même quand nous nous éloignons ou quand nous l’oublions dans nos barques parfois agitées par nos angoisses et nos peurs. Il s’agit de lui faire confiance, de ne pas hésiter à l’appeler dans la prières quand nous sommes dans le désarroi et à saisir la main que le Seigneur nous tends répétant : confiance, n’aie pas peur, c’est moi !

Dans deux jours nous célébrons la fête nationale des acadiens et nos regards sont tournés vers notre Dame de l’Acadie, la vierge Marie dont nous allons célébrer l’Assomption dans la gloire de son Fils ! comment ne pas penser à la Vierge Marie ? Elle en a connu des tempêtes. Dès le début, elle a dû fuir en Egypte pour protéger son enfant. Elle a beaucoup souffert de l’incompréhension de son peuple qui refusait le message de Jésus. Elle a suivi son fils jusqu’au pied de la croix. Aujourd’hui, elle est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Comme à Cana, elle nous invite à faire tout ce qu’il nous dira. C’est ainsi qu’elle nous montre le chemin de la sainteté.

Avec Marie, nous nous tournons vers le Christ. Quand tout va mal, n’hésitons pas à crier : « Seigneur, sauve-moi. » Et le Christ est toujours là pour tendre la main à celui qui l’implore avec confiance. Il est toujours disposé à sauver du naufrage celui qui l’implore. Conscients de notre fragilité et de nos faiblesses, nous le supplions : « Je crois, Seigneur, tu es vraiment le Fils de Dieu ; mais augmente ma foi ». (Luc 17, 5). AMEN